Mot d'ouverture
Introduction
Merci Madame la Présidente,
de nous donner l’occasion de venir vous parler de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié .
Comme vous le savez, la CISR est un tribunal quasi judiciaire, qui a vu le jour en 1989. Nous rendons compte au Parlement
par l’intermédiaire de la ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.
Notre mandat consiste à régler de manière efficace, équitable et conforme à la loi les questions d’immigration et d’octroi de l’asile.
À titre de tribunal administratif, nous devons mettre à profit notre expertise pour instruire et régler un grand nombre de cas.
L’an dernier, la CISR a rendu cent deux mille [102 000] décisions – un record pour l’organisation.
De ce nombre, plus de soixante-dix-huit mille [78 000] ont été rendues par la Section de la protection des réfugiés.
Cela représente une hausse de 42 % de la productivité par rapport à l’année précédente.
Et ce nombre était supérieur à celui de la capacité financée – qui était de 60 000 cas.
Pour régler autant de cas,
- nous avons harmonisé, simplifié et normalisé nos processus à travers le pays – nous gérons maintenant nos cas en instance au niveau national.
- Nous avons utilisé la technologie, et automatisé nos processus quand il était possible.
- Et nous gérons l’inventaire façon à maximiser le temps pour les audiences.
Mais régler un grand nombre de cas ne veut rien dire si nos audiences ne sont pas tenues dans le respect des principes de justice naturelle et d’équité procédurale.
Nos motifs de décision doivent respecter le critère énoncé par la Cour suprême dans l’arrêt Vavilov : ils doivent offrir une justification suffisante, être transparents et facilement compréhensibles pour l’instance révisionnelle et, plus important encore, pour les demandeurs d’asile eux-mêmes.
Il faut s’y attendre; nous instruisons tous les jours des cas qui mettent en cause des droits protégés par la Charte – comme le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité. Un tel exercice ne peut donc se réduire à cocher une liste de contrôle.
Comment savons-nous que les décisions passent le test : nous regardons la fréquence à laquelle nos décisions sont infirmées.
Pour Section d’appel des réfugiés a infirmé l’année dernière 4 % des décisions de la Section de la protection des réfugiés, et, 1 % des décisions de la Section d’appel des réfugiés sont infirmées par la Cour fédérale pour la même période.
J’aimerais maintenant vous parler de nos défis.
Vous êtes tous au fait des demandes d’asile en instance à la Section de la protection des réfugiés. Il y en a maintenant 290 000.
Comment en sommes-nous arrivés à ce nombre?
La réponse est simple : 2 années records en ce qui concerne le nombre de cas reçus.
- 2022-2023 : 156 000
- 2024-2025 : 176 000
Notre financement prévoit le règlement de 60 000 demandes d’asile – nous en avons réglé 78 000.
Comparons ces chiffres avec ceux des 10 dernières années : en moyenne, 29 000 demandes d’asile étaient déférées à la CISR chaque année, et la Commission en réglait en moyenne 26 000.
À la fin de 2022, avant l’augmentation massive du nombre de demandes d’asile déférées, il y avait 54 100 demandes d’asile en instance.
Selon la capacité actuelle [qui est de 80 000 cas], nous pourrions régler ces demandes d’asile en un peu plus de 8 mois.
Comme les demandes d’asile en instance sont relativement récentes – 86 % d’entre elles ont été déférées il y a moins de 2 ans –, une demande d’asile tranchée aujourd’hui a été en attente pendant environ 22 mois, ce qui comprend les 6 mois requis pour le contrôle de sécurité préliminaire. Bien sûr, pour des motifs liés à la sécurité et à l’intégrité, nous ne traitons pas un cas avant l’obtention des résultats du contrôle de sécurité préliminaire.
Selon notre capacité actuelle, le temps d’attente pour qu’une décision soit rendue pour un cas est aujourd’hui d’environ 44 mois, s’il n’est pas autrement priorisé.
La capacité financée de la CISR est de 70 000 demandes d’asile pour le présent exercice, mais grâce aux gains d’efficacité que nous avons réalisés, nous réglerons au moins 80 000 cas.
Conclusion
La CISR a investi dans l’augmentation de sa productivité. Certains de nos projets ont déjà produit des résultats concrets, et d’autres sont sur le point de se concrétiser.
Nous avons constaté des progrès bien tangibles.
C’est pourquoi je suis convaincue que la CISR continuera à relever avec succès les défis à venir, et à apporter sa contribution au sein du grand système d’octroi de l’asile du Canada.
Je vais maintenant vous redonner la parole, Madame la Présidente, et je suis impatiente de poursuivre la discussion avec vous aujourd’hui.